jeudi 21 janvier 2016

Enfance d'un Directeur de Ressources Humaines


C'est vrai que la vie d'un dessinateur n'est pas aussi dure que celle d'un entrepreneur : voilà cette Enfance d'un DRH, un dessin éditorial à paraître dans Le Monde daté du samedi 23 janvier. 
/// Es cierto que la vida de un dibujante es menos dura que la de un empresario: he aquí esta Infancia de un Director de Recursos Humanos, un dibujo editorial que aparecerá en Le Monde de mañana. "Míralos bien, querido. Mañana te arrancarán la camisa".

samedi 16 janvier 2016

Apatridie, l'envers du droit



Apatridie, l'envers du droit. Un dessin pour Le Monde de ce week-end, supplément Culture et Idées. /// Apatridismo, el reverso del derecho. Un dibujo para Le Monde de este fin de semana, en el suplemento Cultura e Ideas.

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samedi 28 novembre 2015

Moitié d'homme qui voudrait partir

Comment peut-on trouver plaisir au monde, à moins que ce ne soit une fuite?
Franz Kafka, Les aphorismes de Zürau.
///¿Cómo podemos encontrar placer en el mundo, a menos que lo huyamos?
Franz Kafka, Los aforismes de Zürau.


lundi 16 novembre 2015

Chaises vides à Paris


Impossible de prendre le crayon pour dire quoi que ce soit. Ne vaudrait-il pas mieux se taire un instant, sentir, réfléchir? J'ai trouvé ce dessin dans un de mes carnets: l'image même de l’incompréhension, de la peur, du silence, de la peine. Et de toutes ces vides qui se sont crées d'un coup, dans Paris, dans une certaine idée de la République. On annonce déjà de bombardements, de guerres impitoyables. Et encore de chaises vides.
/// Imposible agarrar el lápiz para decir algo sobre todo esto. ¿No valdría la pena callarse un instante, y sentir, y pensar? Encontré este dibujo en uno de mis cuadernos: la imágen misma de mi desazón, de la incomprensión, del miedo, del silencio y de la pena. Y de todos esos vacíos que se crearon de repente, en París, en cierta idea de República. Ya anuncian bombardeos, guerras sin piedad. Y más sillas vacías.

vendredi 2 octobre 2015

L'oiseau migrateur / Ave migratoria

Un dessin d'opinion (?), à paraître dans Le Monde daté du 3 octobre. On a bien sûr déjà oublié les migrants, au profit des morts dans un campus américain. L'actualité! Le temps que le dessinateur plonge sa plume dans l'encrier, l'actualité s'est déjà envolé de sa table, et ne reste que le petit bruit de la plume qui gratte le papier. Des caves d'Altamira à ma table de dessin, quelque quinze mille ans à peine.
/// Un dibujo de opinión (?), que va a salir en el Le Monde de mañana. Por supuesto ya se olvidó a los migrantes, porque ahora nos ocupan los muertos en un campus norteamericano. ¡La actualidad! Mientras el dibujante hundía la pluma en el tintero, la actualidad se voló de su tablero, y sólo queda el ruidito de la pluma rasgando el papel. De las cuevas de Altamira a mi tablero, apenas unos quince mil años.

lundi 14 septembre 2015

Les migrants en chiffres

Les migrants en chiffres, 2015. Encre de chine, collage.
Deux dessins pour Le Monde: en haut, Les migrants en chiffres, de 2015, en bas, Immigration choisie, de 2007. On vit dans un monde de chiffres et de dangers: dans la même journée, j'ai entendu parler des migrants comme d'une "menace", puis comme d'une "chance pour l'économie". À peine plus tard, les autorités faisaient remarquer qu'il y avait, parmi ces migrants, des "migrants économiques". Ceux-là, on allait les renvoyer. On allait les raccompagner chez eux, a-t-on dit. Puis j'ai éteint la radio.

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Immigration choisie, 2007. Encre de chine, aquarelle, tampons.
Dos dibujos para Le Monde: arriba, Los migrantes en cifras, de 2015, abajo, Inmigración elegida, de 2007. Vivímos en mundo de cifras y pelígros: en un mismo día escuché hablar de los migrantes como de una "amenaza", y luego como de una "suerte para la economía". Poco más tarde, las autoridades aclaraban que entre esos migrantes había también "migrantes económicos". Esos, los íban a mandar de vuelta. Los íban a acompañar de vuelta a casa, decían. Y apagué la radio.

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lundi 31 août 2015

Half Man fait sa rentrée

Half Man fuit, cours et saute, à la recherche de sa partie manquante, oubliée, ou égarée, et qui lui semble toujours plus significative que celle qu'il est. Pauvre Half Man. N'oubliez pas Half Man.

Les amateurs d'images sont de gens complexes. Lors d'un Salon il y a peu, on m'a demandé si je traversais "une période difficile de ma vie". Comment expliquer sinon que mes dessins soient "aussi sombres"?
Non, non, je m'amuse quand je dessine cela, dis-je. Je souris, même. Mais la personne ne semblait pas convaincue. Puis j'ai pensé à Kafka. On dit que Kafka riait énormément, en lisant la Métamorphose à ses amis, dis-je encore, un peu au hasard.
-Quoi, vous vous prenez pour Kafka maintenant?


Half Man huye, corre y salta, en búsqueda de la parte quele falta, olvidada, o extraviada, y que le parece siempre más significativa que la que es. Pobre Half Man. No se olviden de Half Man.

Los amantes de imágenes son gente compleja. Hace poco en un Salón, me preguntaron si atravesaba algún "momento difícil de mi vida". ¿Cómo explicar de otra manera mis dibujos, "tan sombríos"? No, no, yo me divierto dibujando eso, dije. Sonrío, incluso. Pero la persona no parecía convencida. Pensé en Kafka. Dicen que Kafka se reía mucho, cuando leía la Metamorfósis a sus amigos, agregué, un poco al pasar.
-¿Y usted se las dá de Kafka ahora?




lundi 10 août 2015

Hiroshima, hibakushas

Une série de six dessins pour Le Monde, publiés entre le 4 et le 11 août dans les pages Débats, autour du 70ème anniversaire des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Les américains, avec cette désinvolture morale qui les caractérise, nommèrent après coup cela Operation Necessary Evil. Le mal nécessaire.
Ce qui m'intéressa le plus dans les articles à illustrer, étaient les histoires des hibakusha, ces "victimes de la bombe" devenus des fantômes dans la société japonaise post-atomique. Beaucoup d'entre-eux n'ont jamais réussi à mettre des mots sur leur expérience, ni à la transmettre aux générations suivantes. Étrangement, ce visage d'hibakusha ci-dessus finit par rejoindre une série personnelle, que vous pouvez voir en cliquant ici. Comme quoi.

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dimanche 19 juillet 2015

Freud, les rêves et les sacs plastiques


Freud et compagnie: Hystérie, rêve, culture et inconscient. Un dessin fait après avoir vu le décevant Dangerorus Method de Cronenberg. Pour une raison qui m'échappe, la psychanalyse et les rêves sont toujours ridicules au cinéma. Borges dit quelque d'intéressant à ce propos, mais figurez-vous que je n'ai pas pu retrouver le passage. En tout cas, l'attirance/répulsion pour la psychanalyse m'a fait penser justement à un rêve, d'il y a quelques années, que voici. Bonnes vacances!

Jeudi 4 août 2011.
Je me promenais en vélo et tombais dans le jardin d'une maisonette. Une fille passait également en vélo et je craignais qu'elle ne tombe aussi, mais rien de cela: Elle me demandait si j'étais blessé et m'aidait à me remettre debout. Je ne pouvais alors éviter de remarquer ses habits étranges. "Une nouvelle manière d'entendre l'habillement", disait-elle, qui consistait à les créer soi-même en s'en servant des sacs en plastique usagés, de ceux qui s'accumulent par centaines chez tout le monde. Elle était un peu une référence, disait-elle, de ce nouveau mouvement de l'habillement, que ne tardais pas à qualifier de brillant, et elle ne tardait pas alors à m'offrir quelques vêtements pour débutants, qu'elle tirait du panier de son vélo. Je me dénudais immédiatement dans le jardin, pour me passer un grand sac poubelle noir qui m'arrivait jusqu'aux genoux, puis un sac plus petit et coloré sur la tête, comme un passe-montagne. J'avais un peu du mal à respirer, mais j'aimais regarder la rue entre les lettres imprimées et les couleurs délavés du sac plastique de supermarché ; j'aimais regarder la vie à travers le plastique de mauvaise qualité. C'est cela que j'aimais et non pas les discours que la fille déployait déjà, discours que j'aurais préféré oublier ou laisser derrière en remontant sur mon vélo, mais que je me sentais relativement obligé à écouter. Je les écoutais donc, mais derrière le sac de supermarché. 

/// Freud y compañía: Histéria, sueños, cultura e inconsciente. Un dibujo hecho después de ver la decepcionante Un Método peligroso de Cronenberg. El psicoanálisis y los sueños son, pour una razón que se me escapa, siempre ridículos en el cine. Borges dice algo interesante al respecto, pero fíjense que no he podido dar con la cita. En todo caso la atracción/repulsión hacia el psicoanálisis me recordó justamente un sueño, de hace algunos unos años, que aquí presento. ¡Felíces vacaciones!


 Jueves 4 de agosto del 2011.
Paseaba en bicicleta y me caía en el jardín de una casita. Una chica llegaba en bicicleta y yo temía que se caiga también, pero nada de eso: Me preguntaba si me había lastimado y me ayudaba a ponerme de pié. No podía yo entonces dejar de notar la extraña vestimenta que llevaba ella encima. "Una nueva  manera de entender el vestido", decía ella, creando cada uno sus prendas con bolsas de plástico usadas, de esas que se amontonan en todas las casas. Ella era un referente, decía, de ese nuevo movimiento del vestido, que yo no tardaba en calificar de brillante, y ella no tardaba entonces en ofrecerme algunas prendas para principiantes, que sacaba del canasto de su bicicleta. Yo me desnudaba allí mismo en el jardín y me pasaba una bolsa de residuos negra, que me cubría hasta las rodillas, y otra más pequeña y colorida sobre la cabeza, a modo de pasamontañas. Me costaba respirar, pero me agradaba ver la calle entre las letras impresas y los colores de la bolsa de supermercado ; me gustaba ver la vida à través del plástico de mala calidad. Es eso lo que me gustaba y no los discursos que ya desplegaba la chica, discursos que hubiera preferido olvidar o dejar atrás en bicicleta, pero que me sentía relativamente obligado a escuchar. Los escuchaba entonces, pero tras bolsa de supermercado.

jeudi 2 juillet 2015

Mendiants estropiés, dessinateurs maniaques

Deux grands dessins pour Cendres des hommes et des bulletins, le projet texte-image inspiré par les Mendiants de Bruegel.
De l'encre de chine, une dose de patiente, et une autre de maniaquerie. Les ingrédients nécessaires au dessinateur.
...
"Et partout, les ahuris, les estropiés, pendant une journée entière jusqu’à ce qu’on éteigne la dernière torche, profitent de leur pouvoir sous le titre de Bourgmestre, Évêque des Fous, Abbé des Cornards, Prévôt des Étourdis, Abbé de Maugouvert ou de Lecache Profit – c’est un triomphe, mais comme l’équilibre de sept pommes posées l’une sur l’autre."
Pierre Senges, Echos de la fête des fous.

Dos dibujos grandes para Cendres des hommes et des bulletins, el proyecto textos-imágenes inspirado en los Mendigos de Bruegel.
Tinta china, una dósis de paciencia, y otra de manía. Los ingredientes necesarios para el dibujante.
...
"Y por todos lados, los atolondrados, los estropeados, durante una jornada completa hasta que se apague la última antorcha, aprovechan de su poder bajo el título de Burgomaestre, Obispo de los Locos, Abad de los Idiotas, Preboste de los Mareados, Padre del Desgobierno o de la Avaricia – es un triunfo, pero como el equilibrio de siete manzanas puestas unas sobre otras."
Pierre Senges, Ecos del carnaval de los inocentes.

samedi 13 juin 2015

Bruegel, Mendiants, des cendres, et des tableaux à voler

En fuyant les touristes au Louvre, je me suis souvent réfugié dans "L'école du Nord", au deuxième étage, où parmi Bosch et Holbein, Memling et Van Dalem, j'ai découvert il y a quelques années ce petit tableau intime, modeste, étrange, féerique, peint par Bruegel en 1568 : Les Mendiants estropiés.

Que je me suis mis à copier, en croquis, dessins, gravures, en collages. La série de variations graphiques fut ensuite le point de départ pour des variations littéraires de l'écrivain Pierre Senges. Tout ce travail est devenu aujourd'hui un (projet de) livre, les Cendres des hommes et des Bulletins.
Ce Bruegel est une des œuvres que je serais prêt à voler, dont je parlais dans le post du 2 octobre 2014 (cliquez ici). Cette idée est devenue une série en soi, ouverte à d'autres dessinateurs, que vous pouvez voir  dans le blog Citron. Salut, estropiés!


/// Escapándo a los turistas en el Louvre, me he refugiado muy seguido en la "Escuela del Norte", en el segundo piso, donde entre Holbein y el Bosco, Memling o Van Dalem, descubrí hace años este pequeño cuadro, íntimo, modesto, extraño, mágico, pintado por Bruegel en 1568 : Los Mendigos estropeados.
Que empecé a copiar, en bocetos, dibujos, aguafuertes, en collages. Esa serie de variaciones gráficas fueron luego el punto de partida de variaciones litterárias del escritor Pierre Senges. Todo ese trabajo alrededor del cuadro es hoy un (proyecto de) libro:  Cenizas de hombres y boletines.
Este Bruegel es una de las obras que yo estaría dispuesto a robar, de las que hablaba en el post del 2 de octubre pasado. Esa idea se ha convertido en una serie misma, abierta a otros dibujantes, que se puede ver en el blog Citron. Estropeados, salud!

vendredi 29 mai 2015

Choses vues au Panthéon

Un dessin pour Le Monde du 30 mai, sur la cérémonie de panthéonisation des résistants Germaine Tillion,  Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. On salue l'arrivée des femmes au Panthéon ; moi, le choix du dessin (pour une fois) plutôt que de la photo, pour les portraits de ces nouveaux héros de la République. Cela dit, l'auteur de ces portraits, l'artiste Ernest-Pignon-Ernest, ami avec le président Hollande apparemment, assure qu'ils "lui ont donné beaucoup de peine". Nous aussi, mon cher Ernest, en voyant le résultat, on est un petit peu peinés.
/// Un dibujo para Le Monde, acerca de la ceremonia de panteonisación de los resistentes Germaine Tillion, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. Todos subrayan la entrada de las mujeres al Pantéon,  y yo, que se haya elegido el dibujo (por una vez) y no la fotografía, para los retratos de esos nuevos héroes de la República Francesa. Eso dicho, el autor de esos retratos, el artista Ernest-Pignon-Ernest, un amigo del presidente Hollande aparentemente, dice que esos retratos le "dieron mucho trabajo y sufrimiento". Nosotros también, mi querido Ernest, estamos apenados

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mardi 19 mai 2015

Et pendant ce temps là, en Méditerranée...

Un dessin pour Le Monde, resté inédit, sur ce qu'on appelle migrants, ou bien réfugiés, ou encore clandestins de la Méditerranée.

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vendredi 24 avril 2015

Arménie, amnésie

Génocide des Arméniens: cent ans de solitude.
Dessin paru dans Le Monde le 20 avril dernier, au sujet de ce qu'on appelle désormais "le premier génocide du vingtième siècle". Divers journaux français ont d'ailleurs trouvé exactement le même titre pour les articles le concernant, à savoir "Génocide des Arméniens: cent ans de solitude."
/// Genocidio de los Armenios: cien años de soledad. Dibujo publicado en Le Monde el 20 de abril pasado, acerca de lo que se ha llamado " el primer genocidio del siglo veinte". Diversos diarios franceses tuvieron exactamente la misma idea de título para esas notas: "Genocidio de los armenios: cien años de soledad".

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vendredi 17 avril 2015

Mendiants estropiés


Quelques dessins du livre Cendres des hommes et des bulletins, en collaboration avec Pierre Senges. Il s'agit d'une série de variations et réinterprétations graphiques et littéraires, autour du tableau Les mendiants estropiés, de Pieter Bruegel (ou Brueghel), peint en 1568.
/// Algunos dibujos del libro Cenizas de hombres y de boletines, en colaboración con Pierre Senges. Se trata de una serie de variaciones gráficas y literarias alrededor del cuadro Los Mendigos estropeados, de Pieter Bruegel (o Brueghel), pintado en 1568.

lundi 6 avril 2015

Heidegger dans le brouillard

Un dessin pour Le Monde daté du sept avril. Ou comment des philosophes et des professeurs de philosophie, mais aussi des éditeurs, des traducteurs, des directeurs de collection et d'autres gens encore se mirent à craindre les Cahiers noirs du philosophe Martin Heidegger.
/// Heidegger en la niebla. Un dibujo para Le Monde de mañana.
O como filósofos y profesores de filosofía, pero también editores, traductores, directores de colección y otros más todavía, empezaron a temer los Cuadernos negros del filósofo alemán Martin Heidegger.

samedi 14 mars 2015

Des mots étrangers

N'ayons pas peur des mots étrangers. Un dessin pour le magazine L'Express.
/// No temamos las palabras extranjeras. Dibujo para la revista L'Express.

vendredi 27 février 2015

L'impossible portrait robot du djihadiste


Un dessin pour Le Monde de ce week end. De l'encre de chine à la plume, sur papier, rien de plus: l'essence même du dessin. Et du bonheur.

"J'enregistre des conversations avec un dessinateur de portraits-robots, c'est un policier qui dessine de portraits-robots depuis trente ans. Il traduit les mots en dessins. [...] Je cherche à comprendre mieux ce phénomène de la ressemblance à travers la parole, la précision, de l’exactitude: savoir dessiner quatre mille pommettes différentes. Dessiner toute la vie des visages et ne jamais apprendre à bien les dessiner. [...] Il semble qu'aucun de ces dessinateurs n'ait une formation académique. Ici l'instrument du style est impossible."
Stefano Ricci, Dépôt noir 02, étions Amok, 2002.
...
/// El imposible Identi-Kit del djihadista. Un dibujo para Le Monde de este fin de semana. Tinta china con plumín sobre papel, nada más: la escencia del dibujo. Y de la felicidad.

"Grabo entrevistas con un dibujante de Identi-Kits, es un policía que dibuja Identi-Kits desde hace treinta años. Traduce las palabras en dibujos. [...] Intento comprender mejor ese fenómeno del parecido a través de la palabra, de la precisión, de la exactitud: saber dibujar cuatro mil pómulos diferentes. Dibujar rostros toda su vida y no poder nunca dibujarlos bien. [...] Parece que estos dibujantes no tienen ningúna formación académica. Ahí el instrumento del estilo es imposible."
Stefano Ricci, Dépôt noir 02, ediciones Amok, 2002.


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mercredi 18 février 2015

Vieux démons de la classe moyènne


Vieux démons de la classe moyenne
"Et donc tout ce qu'il avait fait dans la vie il l'avait fait pour qu'on l'appelle "monsieur". Et donc il économisa de l'argent et ouvrit une quincaillerie. On ne vivait qu'une seule fois et il ne s'était pas si mal débrouillé. Non monsieur. Dehors, dans la rue, on pouvait s'entretuer. Mais lui il avait sa maison, son refuge, où il était le propriétaire, où l'on pouvait vivre en paix, où tout était à sa place, où il était respecté. La seule chose qui le désespérait était l'insomnie. Il était déjà quatre heures du matin. La brume s'épaississait. Un lourd silence tombait sur Buenos Aires."
Germán Rozenmacher, Cabecita Negra, 1962.
/// Viejos demonios de la clase media
"Y entonces todo lo que había hecho en la vida había sido para que lo llamaran "señor". Y entonces juntó dinero y puso una ferretería.  Se vivía una sola vez y no le había ido tan mal. No señor. Ahí afuera, en la calle, podían estar matándose. Pero él tenía su casa, su refugio, donde era el dueño, donde se podía vivir en paz, donde todo estaba en su lugar, donde lo respetaban. Lo único que lo desesperaba era ese insomnio. Dieron las cuatro de la mañana. La niebla era más espesa. Un silencio pesado había caido sobre Buenos Aires."
Germán Rozenmacher, Cabecita Negra, 1962.

mardi 27 janvier 2015

Comme de mendiants estropiés


Retour à la normale? Depuis le 7 janvier, on marche à l'aide de béquilles, comme ces Mendiants estropiés inspirés par Bruegel. On nous a coupé quelque chose, on ne sait pas encore exactement quoi. On ne sait pas si cette amputation va s'infecter, ou si elle va au contraire guérir, et nous permettre de remarcher à peu près comme avant. À peu près.
Ces cul-de-jatte d'après Bruegel sont les héros d'un projet de livre, que je suis en train de terminer ces-jours-ci. Mais aujourd'hui je les regarde d'un œil nouveau.
///Como mendigos estropeados. Vuelta a la normalidad? Desde el 7 de enero, caminamos con muletas, como estos Mendigos estropeados, inspirados por Bruegel. Nos cortaron algo, no sabemos todavía exactamente qué. No sabemos si la amputación se va infectar, o si al contrario va a curarse y permitirnos caminar más o menos como antes. Más o menos.
Estos lisiados a la Bruegel son los héroes de un proyecto de libro, que estoy terminando en estos días. Pero hoy los miro de otra manera. 
otra manera. 





mercredi 7 janvier 2015

Charlie Hebdo contre l'obscurantisme



Putain de cauchemar. Je ne peux que me souvenir de ma visite à la rédaction de Charlie Hebdo en 2000. J'étais depuis quelques mois en France et je cherchais du boulot désespérément ; je voulais à tout prix leur montrer mon carton à dessins, mais c'était un jour de fête à Charlie Hebdo, un anniversaire, je ne me souviens plus de qui. Au lieu de regarder mes dessins, ils m'ont servi un coup à boire, et m'ont dit de ne pas m'en faire. J'allais bien trouver du boulot comme dessinateur à Paris, m'ont-ils dit. Je suis resté là à les regarder se marrer, se chamailler. Ça avait vraiment l'air d'être une famille.
J'ai évoqué cette rencontre avec Honoré il y a quelques mois. Je viens d'apprendre qu'Honoré est mort aussi dans la fusillade. Putain de cauchemar.
/// Charlie Hebdo contra el oscurantismo
Puta pesadilla. No puedo dejar de recordar mi visita a la redacción de Charlie Hebdo en el año 2000. Hacía pocos meses que yo estaba en Francia, y buscaba trabajo desesperadamente. Yo quería mostrarles mi carpeta de dibujos, pero era un día de fiesta en la redacción, un aniversario de la revista, no recuerdo. Entonces en vez de mirar mis dibujos me sirvieron un vaso de vino, y me dijieron que no me hiciera drama, que seguro iba a encontrar trabajo como dibujante en París. Yo me quedé ahí a mirar cómo se divertían. Parecía realmente una familia.
Recordé esta escena con Honoré hace unos meses. Acabo de enterarme que Honoré también murió en el ataque a Charlie Hebdo. Puta pesadilla.

samedi 20 décembre 2014

Half Man dans mon cahier

D'un bout à l'autre de mon cahier de Rien, Half Man marche, ne perd pas son temps, il épuisse les distances, sème le destin, cherche un moyen, ou une carte, ou une étendue lisse qui le mène quelque part, ou une autre moitié, avec qui parler cette langue qu'il semble être le seul à parler.
///De una punta a otra de mi cuaderno de Nada, Half Man camina, no pierde tiempo, agota distancias, esquiva el destino, busca una manera, o un mapa, o una extensión lisa que lo lleve a alguna parte, o su otra mitad, con la cual hablar ese idioma que él parece ser el único a hablar.



mercredi 10 décembre 2014

Nouveau livre: Traité du Bon Cavalier


Venu des terres australes de la République Argentine, voici livre rare, édité conjointement par Éditions Sepaposil et Ediciones del Niño Feo: le Traité du Bon Cavalier. En huit chapitres (Les Chemins du Sort, De l'Ordre de certaines choses, Des métiers, Mythes inépuisables...), le livre réunit une soixantaine de dessins de la plus noble facture, certains inédits, d'autres parus ici même.
Il fut imprimé et relié par Maître Lisandro Demarchi, dans ses ateliers graphiques de la Ville de Rosario, en Argentine. L'édition est bilingue (Français/Espagnol), cartonnée, de 84 pages, mesurant 15cm par 15cm, pesant approximativement 330gr, et coutant le prix de 16€.
Si vous le trouvez à votre goût, chers cavaliers et cavalières, vous n'avez qu'à nous commander le Traité du Bon Cavalier par mail, en écrivant à Josefine, mon assistante, à l'adresse josefine.aquindo@gmail.com, ou à moi directement, si vous en avez le courage. Si vous souhaitez également une dédicace de la précieuse main de l'artiste, n'oubliez pas de le préciser dans votre courrier.
Donné à Paris, le jour de la Saint Romaric, l'an 2014.
Donné à Paris, le jour de la Saint Romaric, l'an 2014.


Desde las australes tierras de la Republica Argentina, he aquí un bello libro: el Tratado del Buen Caballero, editado conjuntamente por Éditions Sepaposil et Ediciones del Niño Feo.
En ocho capítulos (Caminos del Azar, Del órden de algunas cosas, Falsificaciones, Oficios...) el  libro reúne unos sesenta dibujos de la más noble factura, algunos inéditos, otros aparecidos aquí mismo.
Fué impreso y encuadernado por Maestro Lisandro Demarchi, en sus talleres gráficos de la Villa de Rosario. Es una edición bilingue (Francés/Español), de tapa dura y 84 páginas, de un tamaño de 15x15cm y un precio aproximado de 16€, a convertir a nuestra moneda.
Los caballeros y caballeras que deseen procurarse dicho Tratado en Argentina, pueden escribir directamente a Maestro Demarchi : correo@lisandrodemarchi.com.ar

Dado en París, el día de San Poliodoro, el año 2014.

vendredi 5 décembre 2014

Icare chute toujours

 
Icare chute toujours. On passe notre temps, dans ce métier (il faut bien lui donner un nom), à s'approcher du soleil pour retomber juste après, ou plutôt: on frôle parfois le soleil entre nos chutes. Je ne parle ni célébrité ni de reconnaissance, mais de ce travail quotidien, de notre relation avec les images et les mots, qu'on croit dominer un instant avant de perdre pied à nouveau. Il n'y a rien de dramatique à ça: tout est dans ces chutes, notre véritable métier. Rien qu'un professionnel du doute, dit Robert Walser.
Parlons métier donc: j'aime travailler à ces collages numériques, ou virtuels (comment faut-il les appeler?). Ils évoquent pour moi les films muets coloriés à la main, le travail de Lotte Reiniger, les lanternes magiques, le mystère de l'imagerie populaire d'une certaine époque. Et vous, qu'en pensez-vous?
/// Icaro cae todavía. Siempre estamos, en este oficio (hay que llamarlo de algún modo), acercándonos del sol y cayendo justo después, o más bien: rozamos alguna vez el sol entre nuestras caidas. No hablo de celebridad ni de reconocimiento, sino de nuestra tarea cotidiana, de nuestra relación con las imágenes y las palabras, que creémos dominar un instante antes de perder pié otra vez. No hay nada dramático en eso: todo está en esas caídas, que son tal vez nuestro verdadero oficio. Nada más que un profesional de la duda, dice Robert Walser. 
Hablemos de oficio entonces: me gusta hacer estos collage numéricos, o virtuales (hay que buscarles un nombre) ; me evocan las películas mudas coloreadas a mano, el trabajo de Lotte Reiniger, las linternas mágicas, el misterio de la gráfica popular de cierta época. No sé ¿Usted qué piensa?

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