vendredi 24 avril 2015

Arménie, amnésie

Génocide des Arméniens: cent ans de solitude.
Dessin paru dans Le Monde le 20 avril dernier, au sujet de ce qu'on appelle désormais "le premier génocide du vingtième siècle". Divers journaux français ont d'ailleurs trouvé exactement le même titre pour les articles le concernant, à savoir "Génocide des Arméniens: cent ans de solitude."
/// Genocidio de los Armenios: cien años de soledad. Dibujo publicado en Le Monde el 20 de abril pasado, acerca de lo que se ha llamado " el primer genocidio del siglo veinte". Diversos diarios franceses tuvieron exactamente la misma idea de título para esas notas: "Genocidio de los armenios: cien años de soledad". 

vendredi 17 avril 2015

Mendiants estropiés


Quelques dessins du livre Cendres des hommes et des bulletins, en collaboration avec Pierre Senges. Il s'agit d'une série de variations et réinterprétations graphiques et littéraires, autour du tableau Les mendiants estropiés, de Pieter Bruegel (ou Brueghel), peint en 1525.
/// Algunos dibujos del libro Cenizas de hombres y de boletines, en colaboración con Pierre Senges. Se trata de una serie de variaciones gráficas y literarias alrededor del cuadro Los Mendigos estropeados, de Pieter Bruegel (o Brueghel), pintado en 1525.

lundi 6 avril 2015

Heidegger dans le brouillard

Un dessin pour Le Monde de demain. 
Ou comment des philosophes et professeurs de philosophie, mais aussi des éditeurs, des traducteurs, des directeurs de collection et bien d'autres encore se mirent à craindre les Cahiers noirs du philosophe Martin Heidegger.
/// Heidegger en la niebla. Un dibujo para Le Monde de mañana.
O como filósofos y profesores de filosofía, pero también editores, traductores, directores de colección y otros más todavía, empezaron a temer los Cuadernos negros del filósofo alemán Martin Heidegger.

samedi 14 mars 2015

Des mots étrangers

N'ayons pas peur des mots étrangers. Un dessin pour le magazine L'Express.
/// No temamos las palabras extranjeras. Dibujo para la revista L'Express.

vendredi 27 février 2015

L'impossible portrait robot du djihadiste

Un dessin pour Le Monde de ce week end. De l'encre de chine à la plume sur papier, rien de plus: l'essence même du dessin. Du bonheur.

"J'enregistre des conversations avec un dessinateur de portraits-robots, c'est un policier qui dessine de portraits-robots depuis trente ans. Il traduit les mots en dessins. [...] Je cherche à comprendre mieux ce phénomène de la ressemblance à travers la parole, la précision, de l’exactitude: savoir dessiner quatre mille pommettes différentes. Dessiner toute la vie des visages et ne jamais apprendre à bien les dessiner. [...] Il semble qu'aucun de ces dessinateurs n'ait une formation académique. Ici l'instrument du style est impossible."
Stefano Ricci, Dépôt noir 02, étions Amok, 2002.
...
/// El imposible Identi-Kit del djihadista. Un dibujo para Le Monde de este fin de semana. Tinta china con plumín sobre papel, nada más: la escencia del dibujo. Y de la felicidad.

"Grabo entrevistas con un dibujante de Identi-Kits, es un policía que dibuja Identi-Kits desde hace treinta años. Traduce las palabras en dibujos. [...] Intento comprender mejor ese fenómeno del parecido a través de la palabra, de la precisión, de la exactitud: saber dibujar cuatro mil pómulos diferentes. Dibujar rostros toda su vida y no poder nunca dibujarlos bien. [...] Parece que estos dibujantes no tienen ningúna formación académica. Ahí el instrumento del estilo es imposible."
Stefano Ricci, Dépôt noir 02, ediciones Amok, 2002.


mercredi 18 février 2015

Vieux démons de la classe moyènne


Vieux démons de la classe moyenne
"Et donc tout ce qu'il avait fait dans la vie il l'avait fait pour qu'on l'appelle "monsieur". Et donc il économisa de l'argent et ouvrit une quincaillerie. On ne vivait qu'une seule fois et il ne s'était pas si mal débrouillé. Non monsieur. Dehors, dans la rue, on pouvait s'entretuer. Mais lui il avait sa maison, son refuge, où il était le propriétaire, où l'on pouvait vivre en paix, où tout était à sa place, où il était respecté. La seule chose qui le désespérait était l'insomnie. Il était déjà quatre heures du matin. La brume s'épaississait. Un lourd silence tombait sur Buenos Aires."
Germán Rozenmacher, Cabecita Negra, 1962.
/// Viejos demonios de la clase media
"Y entonces todo lo que había hecho en la vida había sido para que lo llamaran "señor". Y entonces juntó dinero y puso una ferretería.  Se vivía una sola vez y no le había ido tan mal. No señor. Ahí afuera, en la calle, podían estar matándose. Pero él tenía su casa, su refugio, donde era el dueño, donde se podía vivir en paz, donde todo estaba en su lugar, donde lo respetaban. Lo único que lo desesperaba era ese insomnio. Dieron las cuatro de la mañana. La niebla era más espesa. Un silencio pesado había caido sobre Buenos Aires."
Germán Rozenmacher, Cabecita Negra, 1962.

mardi 27 janvier 2015

Comme de mendiants estropiés


Retour à la normale? Depuis le 7 janvier, on marche à l'aide de béquilles, comme ces Mendiants estropiés inspirés par Bruegel. On nous a coupé quelque chose, on ne sait pas encore exactement quoi. On ne sait pas si cette amputation va s'infecter, ou si elle va au contraire guérir, et nous permettre de remarcher à peu près comme avant. À peu près.
Ces cul-de-jatte d'après Bruegel sont les héros d'un projet de livre, que je suis en train de terminer ces-jours-ci. Mais aujourd'hui je les regarde d'un œil nouveau.
///Como mendigos estropeados. Vuelta a la normalidad? Desde el 7 de enero, caminamos con muletas, como estos Mendigos estropeados, inspirados por Bruegel. Nos cortaron algo, no sabemos todavía exactamente qué. No sabemos si la amputación se va infectar, o si al contrario va a curarse y permitirnos caminar más o menos como antes. Más o menos.
Estos lisiados a la Bruegel son los héroes de un proyecto de libro, que estoy terminando en estos días. Pero hoy los miro de otra manera. 
otra manera. 





mercredi 7 janvier 2015

Charlie Hebdo contre l'obscurantisme



Putain de cauchemar. Je ne peux que me souvenir de ma visite à la rédaction de Charlie Hebdo en 2000. J'étais depuis quelques mois en France et je cherchais du boulot désespérément ; je voulais à tout prix leur montrer mon carton à dessins, mais c'était un jour de fête à Charlie Hebdo, un anniversaire, je ne me souviens plus de qui. Au lieu de regarder mes dessins, ils m'ont servi un coup à boire, et m'ont dit de ne pas m'en faire. J'allais bien trouver du boulot comme dessinateur à Paris, m'ont-ils dit. Je suis resté là à les regarder se marrer, se chamailler. Ça avait vraiment l'air d'être une famille.
J'ai évoqué cette rencontre avec Honoré il y a quelques mois. Je viens d'apprendre qu'Honoré est mort aussi dans la fusillade. Putain de cauchemar.
/// Charlie Hebdo contra el oscurantismo
Puta pesadilla. No puedo dejar de recordar mi visita a la redacción de Charlie Hebdo en el año 2000. Hacía pocos meses que yo estaba en Francia, y buscaba trabajo desesperadamente. Yo quería mostrarles mi carpeta de dibujos, pero era un día de fiesta en la redacción, un aniversario de la revista, no recuerdo. Entonces en vez de mirar mis dibujos me sirvieron un vaso de vino, y me dijieron que no me hiciera drama, que seguro iba a encontrar trabajo como dibujante en París. Yo me quedé ahí a mirar cómo se divertían. Parecía realmente una familia.
Recordé esta escena con Honoré hace unos meses. Acabo de enterarme que Honoré también murió en el ataque a Charlie Hebdo. Puta pesadilla.

samedi 20 décembre 2014

Half Man dans mon cahier

D'un bout à l'autre de mon cahier de Rien, Half Man marche, ne perd pas son temps, il épuisse les distances, sème le destin, cherche un moyen, ou une carte, ou une étendue lisse qui le mène quelque part, ou une autre moitié, avec qui parler cette langue qu'il semble être le seul à parler.
///De una punta a otra de mi cuaderno de Nada, Half Man camina, no pierde tiempo, agota distancias, esquiva el destino, busca una manera, o un mapa, o una extensión lisa que lo lleve a alguna parte, o su otra mitad, con la cual hablar ese idioma que él parece ser el único a hablar.



mercredi 10 décembre 2014

Nouveau livre: Traité du Bon Cavalier


Venu des terres australes de la République Argentine, voici livre rare, édité conjointement par Éditions Sepaposil et Ediciones del Niño Feo: le Traité du Bon Cavalier. En huit chapitres (Les Chemins du Sort, De l'Ordre de certaines choses, Des métiers, Mythes inépuisables...), le livre réunit une soixantaine de dessins de la plus noble facture, certains inédits, d'autres parus ici même.
Il fut imprimé et relié par Maître Lisandro Demarchi, dans ses ateliers graphiques de la Ville de Rosario, en Argentine. L'édition est bilingue (Français/Espagnol), cartonnée, de 84 pages, mesurant 15cm par 15cm, pesant approximativement 330gr, et coutant le prix de 16€.
Si vous le trouvez à votre goût, chers cavaliers et cavalières, vous n'avez qu'à nous commander le Traité du Bon Cavalier par mail, en écrivant à Josefine, mon assistante, à l'adresse josefine.aquindo@gmail.com, ou à moi directement, si vous en avez le courage. Si vous souhaitez également une dédicace de la précieuse main de l'artiste, n'oubliez pas de le préciser dans votre courrier.
Donné à Paris, le jour de la Saint Romaric, l'an 2014.
Donné à Paris, le jour de la Saint Romaric, l'an 2014.


Desde las australes tierras de la Republica Argentina, he aquí un bello libro: el Tratado del Buen Caballero, editado conjuntamente por Éditions Sepaposil et Ediciones del Niño Feo.
En ocho capítulos (Caminos del Azar, Del órden de algunas cosas, Falsificaciones, Oficios...) el  libro reúne unos sesenta dibujos de la más noble factura, algunos inéditos, otros aparecidos aquí mismo.
Fué impreso y encuadernado por Maestro Lisandro Demarchi, en sus talleres gráficos de la Villa de Rosario. Es una edición bilingue (Francés/Español), de tapa dura y 84 páginas, de un tamaño de 15x15cm y un precio aproximado de 16€, a convertir a nuestra moneda.
Los caballeros y caballeras que deseen procurarse dicho Tratado en Argentina, pueden escribir directamente a Maestro Demarchi : correo@lisandrodemarchi.com.ar

Dado en París, el día de San Poliodoro, el año 2014.

vendredi 5 décembre 2014

Icare chute toujours

Icare chute toujours. On passe notre temps, dans ce métier (il faut bien lui donner un nom), à s'approcher du soleil pour retomber juste après, ou plutôt, on frôle parfois le soleil entre nos chutes. Je ne parle ni célébrité ni de reconnaissance, mais de ce travail quotidien, de notre relation avec les images et les mots, qu'on croit dominer un instant, avant de perdre pied à nouveau. Il n'y a rien de dramatique à ça: On réalise que tout est dans ces chutes, que c'est même là notre seul véritable métier. "Rien qu'un professionnel du doute", dit Robert Walser. Et parlons métier donc: j'aime ces collages numériques, qu'évoquent pour moi le cinéma muet, les lanternes magiques, les gravures populaires coloriés à la main. Voilà tout pour aujourd'hui.
Ícaro cae todavía. Siempre estamos, en este oficio (hay que llamarlo de algún modo), acercándonos del sol y cayendo justo después, o más bien, rozamos alguna vez el sol entre nuestras caidas. No hablo de celebridad ni de reconocimiento, sino de nuestra tarea cotidiana, de nuestra relación con las imágenes y las palabras, que  creémos dominar un instante, antes de perder pié otra vez. No hay nada dramático en eso: Uno comprende que todo está en esas caídas, que son quizás nuestro único y verdadero oficio. "Nada más que un profesional de la duda", dice Robert Walser. Y hablemos de oficio entonces: me gustan estos  collage numéricos, que me evocan el cine mudo, las linternas mágicas, llos grabados populares coloreados a mano. Eso es todo por hoy.


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jeudi 27 novembre 2014

Des éléphants en veux tu en voilà

Le roi (Narendra) Modi
Dans Le Monde du 27 novembre 2014.

Un peu d'anthropomorphisme: Ce dessin sur l'Inde pour Le Monde m'a rappelé que l'éléphant est mon mammifère préféré. Peut-être parce qu'il a l'air vieux dès sa jeunesse, ou peut-être ses rides me le figurent comme un animal préoccupé par je ne sais quelles questions existentielles. Je ne sais pas. J'aime son pas détaché des aléas de la vie, son rythme lent, qu'il n'abandonne même pas sous la menace des prédateurs. Comme si son corps lui dictait une certaine dignité. Je ne sais pas.
/// Un poco de antropomorfismo: Este dibujo sobre la India para Le Monde me recordó que el elefante es mi mamífero preferido. Quizás porque parece viejo desde su juventud, quizás porque sus arrugas me lo figuran como un animal preocupado por no sé qué problemas existenciales. No lo sé. Me gusta su paso desprendido de los problemas de la vida, su ritmo lento, que no abandona ni siquiera ante la amenaza de los deprédadores. Como si su cuerpo le dictara cierta dignidad. No sé.

jeudi 20 novembre 2014

Histoire du père et du fils

Brève histoire du bon père morne et de son fils ennuyeux, du temps qui leur manque toujours, des occupations du père, des tenues du fils, jugées extravagantes, d'une mère toute à ses lettres, et de l'autre fils, modèle, qui regarde vers l'avenir.
///Breve historia del buen padre serio y de su hijo aburrido, del tiempo que siempre les falta, de las ocupaciones del padre, de las ropas del hijo, calificadas de extravagantes, de una madre y sus cartas, y de ese otro hijo, modelo, que mira hacia el porvenir.

Père morne, fils ennuyeux / Padre apagado, hijo aburrido

La mère / La madre

L'autre fils: radieux / El otro hijo: radiante
L'enfant ennuyeux et l'autre / El hijo aburrido y el otro
Encore seuls / Otra vez solos


Postérité de l'enfant ennuyeux Posteridad del hijo aburrido 

Oui, je recommence avec mes variations autour d'une même scène. Au secours! Serais-je un variateur, plus qu'un dessinateur? Ou, comme dit Lichtenberg, une variante de quelque chose qui existe déjà de manière plus juste et concise?
"À mon avis, je suis un enfant extraordinairement fatigué et élastique, malade en même temps que sain jusqu'au bout des ongles, bien que j'aille en trébuchant comme un vieillard, tout flageolant et tremblant d'âge."
Robert Walser, Le territoire du crayon.
/// , empiezo otra vez con mis variaciones alrededor de una misma escena. ¡Socorro! ¿Seré un mero variador, más que un dibujante? O, como dice Lichtenberg, una variante de algo que ya existe de manera más justa y concisa?
"En mi opinión, soy un niño extraordinariamente cansado y elástico, enfermo al mismo tiempo que sano hasta las uñas, a pesar de que ande tropezando como un anciano, vacilante y temblando de edad."
Robert Walser, El territorio del lápiz.


lundi 17 novembre 2014

Père fils, acte premier



Ici commence l'histoire d'un père morne et de son fils ennuyeux. Méfiez-vous de ces couleurs, de toute apparente gaité, car l'histoire est bien en noir et blanc
/// Aquí comienza la historia del padre blando y el hijo aburrido. Desconfíe de estos colores chillones, de toda alegría aparente, porque la historia es en blanco y negro.

lundi 10 novembre 2014

Prostitution des enfants

Encore un de ces sujets impossibles à dessiner qu'on aime me confier de temps à autre au Monde. La prostitution des enfants, et les campagnes médiatiques choc qu'on fait pour la combattre. Réussi?
/// Otro de esos temas imposibles de dibujar que les gusta darme de vez en cuando en Le Monde. La prostitución infantil, y las campañas "shock" que fabrican los medios de comunicación para combatirla. ¿Resultado?

dimanche 9 novembre 2014

Les dessins que je ne saurai faire: Bachar el-Assad

L'intervention en Irak est-elle justifiée? Dans Le Monde du 1er octobre 2014.
Il y a de types qui  ressemblent déjà à une caricature, et les dessinateurs ont alors du mal à dépasser  la réalité ; Bachar el-Assad est de ceux-là, comme j'ai pu le vérifier moi-même hier soir en travaillant, dans le stress de la commande et de la deadline -la ligne de mort-, à son portrait. A force de caricaturer les personnages comme lui, on se les rend familiers, on se les rend pour ainsi dire acceptables. Comment échapper à ça?
Vers minuit j'ai abandonné le dessin à la plume, et j'ai fait la version que voici, publié aujourd'hui dans le journal.
Mieux? —Acceptable.
/// Hay tipos que parecen ya una caricatura, y los dibujantes se las ven en figuritas para superar a la realida ;. Bachar el-Assad es de esos tipos, como pude verificar anoche trabajando, en el estress del encargo y de la deadline -la línea de muerte- a su retrato. A fuerza de caricaturar los personajes como él, nos los volvemos familiares, nos los volvemos por asi decir aceptables. ¿Cómo escaparle a ese problema?
A eso de medianoche abandoné el dibujo a pluma y lo rehice en esta versión que ven acá, la que sale publicada hoy en Le Monde.
¿Mejor? —Aceptable.

jeudi 6 novembre 2014

Être là, avec Amnesty International


 

Dessins pour le livre collectif Être là avec Amnesty International, édité par Futuropolis.
J'illustre un texte sur l'affaire du "Probo Koala": des déchets toxiques déchargés en Côte d'Ivoire grâce à la corruption qui régnait dans ce pays.
Tous les textes et reportages du livre, en Argentine, au Cambodge, en Grèce ou en Syrie, sont de Jean-Christophe Dabitch. Les dessins, de José Muñoz, Jorge Gonzáles, Damien Roudeau, Loreline Mattiussi, Piero Macola, Manuele Fior, Guillaume Trouillard, Christian Durieux, Daniel Blancou, Gabrielle Piquet, Zeina Abirached et Michaël Sterckeman.
/// Dibujos para el libro colectivo Estar ahí con Amnesty Internacional, editado por Futuropolis.
Ilustré un texto sobre un caso conocido como el "Probo Koala": desechos tóxicos que fueron descargados en Costa de Marfil gracias a la corrupción que reinaba en ese país.
Todos los textos y reportajes del libro, en Argentina, Camboya, Grecia o en Syria, son de Jean-Christophe Dabitch. Los dibujos, de José Muñoz, Jorge Gonzáles, Damien Roudeau, Loreline Mattiussi, Piero Macola, Manuele Fior, Guillaume Trouillard, Christian Durieux, Daniel Blancou, Gabrielle Piquet, Zeina Abirached y Michaël Sterckeman.

lundi 27 octobre 2014

L'apprenti et le Maître /// El aprendíz y el maestro



Les illustrateurs, les dessinateurs de presse et de bande dessiné sont les seuls artistes, à ma connaissance, à assumer la copie comme un apprentissage, à revendiquer publiquement la copie et même le plagiat, comme moyens légitimes de se forger un style propre. Voyez sinon Georg Grosz:

"Je venais de découvrir l'œuvre de Wilhelm Busch, et cela devint aussitôt une véritable passion. Dans l'espace d'une seule nuit, sans interruption, je copiai toute l'histoire de Silène et des nymphes, jusqu'à ce que le porte-plume m'en tombât littéralement des mains.
Dans les albums reliés des Fliegenden Blätter, [...] je copiai principalement les œuvres d'Adolf Hengeler. Avec une persévérance à toute épreuve, je m'appliquai à reproduire trait pour trait mon modèle, poussant le goût du détail jusqu'à restituer la texture du bois qui avait servi de support à la gravure. [...] Un jour j'imitais Grützner, le lendemain je suivais les traces d'un peintre de batailles."
George Grosz, Un petit oui et un grand non, 1955.
 .
/// Los ilustradores, los dibujantes de prensa o de historieta, son los únicos artistas, que yo sepa, a asumir la copia como un aprendizaje, a reivindicar publicamente la copia y hasta el plagio como medios legítimos de forjarse un estilo propio. Vean sino Georg Grosz:

"Yo acababa de descubrir la obra de Wilhelm Busch, y eso también se volvió una verdadera pasión. En una sola noche, sin interrupciones, copié toda la historia de Sileno y de las ninfas, hasta que el porta-plumas se me cayera literalmente de las manos.
En los álbumes encuadernados de los Fliegenden Blätter, [...] copiaba principalmente las obras de Adolf Hengeler. Con una perseverancia a toda prueba, me aplicaba a reproducir trazo por trazo mi modelo, llevando el gusto por el detalle hasta restituír la textura de la madera que había servido de soporte al grabado. [...] Un día imitaba a Grützner, al otro día seguía el camino de un pintor de batallas."
George Grosz, Un sí pequeño y un gran no, 1955.

lundi 20 octobre 2014

Fils prodigue, ou apprenti artiste?


Le dessin qui m'inspira celui du Monde sur les économistes. Et pourtant j'y voyais plutôt une variation du Fils Prodigue, un apprenti artiste mendiant auprès d'un maître.
On se rapproche des artistes qu'on admire pour apprendre ou pour être contaminés par eux, mais pour leur prendre un peu d'énergie aussi, pour les fatiguer, pour les ralentir, et croire qu'ainsi on les met à notre portée. Et finalement, pour éprouver un moment le sentiment d'appartenance, à une famille, pour croire à l'idée même d'une famille.

"Je pense parfois n'éprouver aucun sentiment, que je ne suis artiste que par comédie et que mon mépris de tout le reste, de tout ce qui me paraît petit et stupide, n'est qu'une nécessité pour m'imprégner de mon rôle."
Max Beckmann, Journal, août 1903.

/// El dibujo que me inspiró el de Le Monde sobre los economistas. Y sin embargo esto me hacía pensar a la parábola del Hijo Pródigo, à un aprendíz artista mendigando a su maestro.
Nos acercamos a los artistas que admiramos para aprender o para que nos contaminen, pero también para sacarles algo de energía, para cansarlos, para retrasarlos y creér que así los tenemos a nuestro alcance. Y finalmente, para probar el sentimiento de pertenecer, a una familia, para creer en la idea misma de una familia.
"A veces creo ser totalmente insensible, que solamente actúo de artista y que mi desprecio de todo lo demás, de todo lo que me parece pequeño y estúpido, no es más que una necesidad para impregnarme de mi personaje".
Max Beckmann, Diario, agosto de 1903.



lundi 13 octobre 2014

De l'économie / De economía

Aux origines du Capitalisme. Dans Le Monde du 11 octobre 2014.
Ambiance anglaise pour cette "scène d'intérieur", avec messieurs Anton Wilhelm Amo, Friedrich Hayek, John Maynard Keynes, David Ricardo et Adam Smith. Il fallait illustrer un article sur la série télévisée qui raconte l'histoire du Capitalisme. Au début, je n'ai pas d'idées. Se dire qu'on a pas d'idées, c'est le meilleur moyen de les trouver: J'ai dénichée celle-ci dans un de mes nombreux carnets. Ce qui a pour effet de leur attribuer une utilité a posteriori, ce qui les rentabilise, n'est-ce pas? Ce qui rachète le temps passé à trainer dans les carnets, au lieu de produire, de gagner de l'argent, puisque on parlait de d'économie.
/// Ambiente inglés para esta "escena de interior" con los señores Anton Wilhelm Amo, Friedrich Hayek, John Maynard Keynes, David Ricardo y Adam Smith. Había que ilustrar un artículo sobre una serie televisiva que cuenta la historia del Capitalismo. Al principio, no se me ocurre nada. Que no se nos ocurra nada, es el mejor modo de encontrar una  idea: Yo fuí a dar con esta en uno de mis tantos cuadernos. Lo que de alguna manera les atribuye una utilidad, o los rentabiliza a posteriori, no es cierto? Lo que de alguna manera los redíme, o compensa el tiempo que uno pasó deambulando en los cuadernos, en vez de estar produciendo, ganando dinero, ya que hablábamos de economía.