lundi 20 octobre 2014

Fils prodigue


Voilà le dessin qu'inspira celui du Monde. Il me faisait penser à la parabole du Fils Prodigue, à un apprenti mendiant un peu de talent auprès d'un maître. 
On se rapproche des artistes qu'on admire pour apprendre ou pour être contaminés par eux, mais pour leur prendre un peu d'énergie aussi, pour les fatiguer un peu, pour les ralentir et croire qu'ainsi on les met à notre portée. Et finalement, pour éprouver un moment le sentiment d'appartenance, à une famille, pour croire à l'idée même d'une famille.

"Je pense parfois n'éprouver aucun sentiment, que je ne suis artiste que par comédie et que mon mépris de tout le reste, de tout ce qui me paraît petit et stupide, n'est qu'une nécessité pour m'imprégner de mon rôle."
Max Beckmann, Journal, août 1903.

/// Este es el dibujo que inspiró el de Le Monde. Me hacía pensar a la parábola del Hijo Pródigo, a un aprendíz mendigando talento a su maestro.
Nos acercamos a los artistas que admiramos para aprender o para que nos contaminen, pero también para sacarles algo de energía, para cansarlos un poco, para retrasarlos y creér que así los tenemos a nuestro alcance. Y finalmente, para probar el sentimiento de pertenecer, a una familia, para creer en la idea misma de una familia.
"A veces creo ser totalmente insensible, que solamente actúo de artista y que mi desprecio de todo lo demás, de todo lo que me parece pequeño y estúpido, no es más que una necesidad para impregnarme de mi personaje".
Max Beckmann, Diario, agosto de 1903.


lundi 13 octobre 2014

De l'économie / De economía

Aux origines du Capitalisme
Le Monde, 11 octobre 2014

Ambiance anglaise pour cette "scène d'intérieur", avec messieurs Anton Wilhelm Amo, Friedrich Hayek, John Maynard Keynes, David Ricardo et Adam Smith.
Il fallait illustrer un article sur la série télévisée qui raconte l'histoire du Capitalisme. Au début, je n'ai pas d'idées. Se dire qu'on a pas d'idées, c'est le meilleur moyen de les trouver: J'ai dénichée celle-ci dans un de mes nombreux carnets. Ce qui a pour effet de leur attribuer une utilité a posteriori, ce qui les rentabilise, n'est-ce pas? Ce qui rachète le temps passé à trainer dans les carnets, au lieu de produire, de gagner de l'argent, puisque on parlait de d'économie.
/// Ambiente inglés para esta "escena de interior" con los señores Anton Wilhelm Amo, Friedrich Hayek, John Maynard Keynes, David Ricardo y Adam Smith.
Había que ilustrar un artículo sobre una serie televisiva que cuenta la historia del Capitalismo. Al principio, no se me ocurre nada. Que no se nos ocurra nada, es el mejor modo de encontrar una  idea: Yo fuí a dar con esta en uno de mis tantos cuadernos. Lo que de alguna manera les atribuye una utilidad, o los rentabiliza a posteriori, no es cierto? Lo que de alguna manera los redíme, o compensa el tiempo que uno pasó deambulando en los cuadernos, en vez de estar produciendo, ganando dinero, ya que hablábamos de economía.

lundi 6 octobre 2014

Thomas Theodor Heine


Portrait du  dessinateur allemand Thomas Theodor Heine (Allemagne 1867, Suède 1948), un des pilliers de la mytique revue "Simplicissimus", de laquelle il fut expulsé —par ses propres confrères— lors de l'arrivée des nazis au pouvoir en 1932. L'itinéraire de la revue et de ces créateurs sous le nazisme, certains contraints à l'exil comme Heine, d'autres s'adaptant à la nouvelle situation politique, avait fait l'objet de plusieurs posts très intéressants dans le blog de Dominique Hérody, TRENTE. Voir ici.
/// Retrato del dibujante alemán Thomas Theodor Heine, uno de los pilares de la mítica revista "Simplicissimus", de la cual fué expulsado —por sus propios colegas— con la llegada del nazismo al poder en 1932. El itinerario de la revista y de sus creadores bajo el nazismo, algunos obligados al exilio, como Heine, otros adaptándose a la nueva situación política, fué objeto de varios posts en el muy interesante blog de Dominique Hérody, TRENTE.

jeudi 2 octobre 2014

No-One Was Like Vermeer


Le seul tableau que je serai prêt à voler c'est la Femme en blue ou Femme à la lettre de Vermeer. Et peut-être aussi un Brueguel au Musée du Louvre, et un petit Holbein qui est à Londres. Que des petits tableaux vous voyez, c'est pas méchant. Mais la Femme à la lettre, la Femme à la lettre...Je le ferai. Dommage que ce tableau soit devenu invisible, à cause du déferlement constant de gens armés d'appareils photo qui s'interposent entre nous et lui, au Rijksmuseum d'Amsterdam.
Je pourrai dire beaucoup de choses sur ce tableau et sur Vermeer, qui ne seraient guère plus intelligentes que les paroles de la chanson "No-one was like Vermeer" de Jonathan Richman (de l'album "Because Her Beauty Is Raw and Wild", 2008).

Back in the days of Rembrandt
Back in the time of old Jan steen
 All of them giants of shadow and light
But no-one was like Vermeer

Some paintings smell of joy and sweat
Some paintings plain look so fine
Some paintings are sad and passionate
But Vermeer sends a chill up your spine
Yeah, Vermeer sends a chill up your spine

Vermeer was eerie
Vermeer was strange
He had a more modern colour range
As if born in another age
Like maybe a hundred or so years ago

What's this? A ghost in the gallery?

Great Scot! The Martians are here!
  These strange little paintings next to the others
No-one was like Vermeer


Vermeer was eerie
Vermeer was strange...

/// El unico cuadro que estaría dispuesto a robar es la Mujer de azul o Mujer leyendo una carta de Vermeer. Y tal vez también un Brueguel que está en el Louvre, y un pequeño Holbein que está en Londres. Solo cuadros chicos, ven? Nada muy grave. Pero la Mujer leyendo una carta...juro que lo haría. Lástima que ese cuadro se haya vuelto invisible, por culpa de las constantes olas de gente armada de cámaras de fotos que se interponen entre él y nosotros, en el Rijkmuseum de Amsterdam.
Podría decir mil cosas sobre ese cuadro y sobre Vermeer, que no serían más inteligentes que la letra de la canción "No-one was like Vermeer", de Jonathan Richman (del disco "Because Her Beauty Is Raw and Wild", 2008).


mardi 30 septembre 2014

Les dessins que je ne saurai faire: Bachar el-Assad


L'intervention en Irak est-elle justifiée?
Le Monde, 1er octobre 2014

Il y a de types qui  ressemblent déjà à une caricature, et les dessinateurs ont du mal à faire mieux que la réalité parfois. Bachar el-Assad est de ceux-là, comme j'ai pu le vérifier moi-même hier soir en travaillant, dans le stress de la commande et de la deadline -la ligne de mort-, à son portrait. A force de caricaturer les personnages comme lui, on se les rend familiers, on se les rend pour ainsi dire acceptables. Comment échapper à ça?
Vers minuit j'ai abandonné le dessin à la plume, et j'ai fait la version que voici, publié aujourd'hui dans le journal. Mieux? —Acceptable.
/// Hay tipos que parecen ya una caricatura, y los dibujantes se las ven en figuritas a veces para superar a la realidad. Bachar el-Assad es de esos tipos, como pude verificar anoche trabajando, en el estress del encargo y de la deadline -la línea de muerte- a su retrato. A fuerza de caricaturar los personajes como él, nos los volvemos familiares, nos los volvemos por asi decir aceptables. ¿Cómo escaparle a ese problema?
A eso de medianoche abandoné el dibujo a pluma y lo rehice en esta versión que ven acá, la que sale publicada hoy en Le Monde. ¿Mejor? —Aceptable.

jeudi 18 septembre 2014

Semi-chien dessinateur

Le dessinateur entend rester imperturbable face aux accusations comme face aux conseils, il est trop vieux pour tout cela. Il hume l'air et poursuit son petit chemin en toute modestie mais d'un pas décidé. C'est à lui de choisir ses maîtres, de les siffler pour qu'ils le suivent ou se perdent avec lui.
///El dibujante quiere mantenerse imperturbable ante las acusaciones como ante los consejos, es demasiado viejo para todo eso. Huele a su alrededor y continúa su camino modestamente pero de un paso decidido. Es él que debe elegir sus propios maestros, silbarlos para que lo sigan o se pierdan con él.


lundi 8 septembre 2014

Les organes du dessinateur

Il y a un organe réflexif qui pense et un organe déssinatif qui se retrousse les manches et dessine. Il arrive aussi que ce dernier se mette à penser tout seul et à expulser l'autre hors de la feuille en papier, hors de la table à dessin.
L'organe réflexif s'échappe aussi parfois et s'adonne au plaisir secret de l'écriture. Au retour, il trouve l'organe déssinatif dans un triste état de délabrement, et l'organe réflexif se sent alors coupable de cet abandon. Si l'un avance, l'autre reste derrière. Ils passent leur temps à avancer et reculer pour se rattraper ou se fuir, et c'est dans cette apparente dépense inutile d'énergie qu'ils arrivent à produire quelque chose ensemble.

/// Hay en el dibujante un órgano reflexivo que piensa y un órgano dibujativo que se arremanga y dibuja. Sucede también que este último se ponga a pensar por sí mismo y a expulsar al otro fuera de la hoja de papel, fuera del tablero.
El órgano reflexivo se escapa a veces y se entrega al placer secreto de la escritura. A la vuelta, encuentra el órgano dibujativo hecho una ruina, y el órgano reflexivo se siente entonces culpable de ese abandono. Si uno avanza, el otro queda detrás. Pasan su tiempo a avanzar y retroceder para alcanzarse o para huirse, y es en esa aparente pérdida de energía que logran producir algo juntos.


lundi 1 septembre 2014

La rentrée du dessinateur

C'est la rentrée!, dit-t-on partout en s'agitant. C'est la rentrée pour le dessinateur aussi, qui se tient prêt. Dessiner, illustrer, écrire, il peut tout faire, et encore plus: dessiner comme un écrivain et écrire comme un dessinateur. Mais, a-t-il seulement encore envie? Il vérifie qu'il a encore des idées, de l'encre de chine, quelques plumes sergent et une table à dessin. Oui, tout est encore là, et il se tient prêt.

"Cette vielle table à écrire pleine de noblesse est superbe, elle vient de temps enfouis, raffinés. Je présume que je vais m'y installer pour écrire des compositions, des esquisses, des études, de petites histoires ou même des nouvelles, afin de les envoyer, munies de la prière insistante de bien vouloir les publier rapidement, à toutes sortes de rédactions de journaux et des revues exigeantes et vénérables, par exemple les Dernières Nouvelles de Pékin, ou le Mercure de France, où les succès, à coup sûr, me sourira."
Robert Walser, Vie de poète.

/// El dibujante vuelve a su trabajo. Dibujar, ilustrar, escribir, todo lo puede, y más todavía: dibujar como un escritor y escribir como un dibujante. Pero, tiene todavía ganas? Verifica que tiene ideas, tinta china, plumines y una mesa de dibujo. Si, todo esta ahi todavía, y se prepara, y espera.

"Esta vieja mesa llena de nobleza es soberbia, viene de tiempos lejanos, refinados. Presumo que voy a instalarme a escribir sobre ella algunas composiciones, bocetos, estudios, pequeñas hostorias o incluso cuentos, con el fin de enviarlos, junto a un insistente ruego de que sean publicados rápidamente, a toda clase de redacciones de diarios y revistas exigentes y venerables, por ejemplo las Ultimas Noticias de Pekín, ou el Mercurio de Francia, donde el éxito, seguramente, me sonreirá."
Robert Walser, Vida de poeta.

jeudi 14 août 2014

Dessinateur au fond d'un square


Je suis passé mille fois dans ce coin, j'ai même vue une none à la fenêtre de La Providence, la maison de retraite qu'est juste en face, mais je n'avais jamais remarqué le nom de cette "rue", ni m'étais approché du monument enfermé derrière les grilles au fond.
/// He pasado mil veces por esta zona de Paris, he visto incluso una monja en la ventana de La Providencia, un asilo de ancianos que hay justo enfrente, pero nunca habia notado el nombre de esta "calle", ni me habia acercado al monumento encerrado detras de las rejas al fondo.


Quel message ont-ils voulu nous adresser ceux qui ont conçu cet hommage au dessinateur André Gill, en lui donnant une rue à Montmartre, qui est plutôt une impasse? "Dessinateur, voilà où ça mène" ? Il n'a jamais trop de chance, André.
/// Qué mensaje han querido enviarnos aquellos que concibieron este homenaje al dibujante André Gill, otorgandole una calle en Montmartre, que es en realidad un pasaje sin salida? "Ahi te llevaran tus dibujos"? Nunca tuvo demasiada suerte, André.





jeudi 7 août 2014

Grueyel



Un dessin (au stylo bille) pour un projet en cours. Le dessin devait s'inspirer de Bruegel, mais s'est mis plutôt à imiter Goya...Un résultat grueyelesque!
/// Dibujo (con fibra) para un proyecto en curso, que debia inspirarse en Bruegel pero se fué para el lado de Goya ...Un resultado grueyelesco!

lundi 28 juillet 2014

Redevenir Woyzeck

Épreuves obtenues en imprimant deux plaques gravées sur un même papier. C'est étonnant comme le visage change.
J'ai récemment appris que William Kentridge avait lui aussi travaillé sur le Woyzeck de Büchner.
Ou comment à l'aide d'un simple adverbe ("aussi"), je tente discrètement d'établir un lien avec quelqu'un de très éloigné de moi, et dont la distance qui nous sépare est à peine mesurable.
Mais bon, c'est l'été.
//// Copias obtenidas imprimiendo dos planchas de métal sobre un mismo papel. Es sorprendente como cambia el rostro.
Hace poco me enteré que William Kentridge también había trabajado sobre el Woyzeck de Büchner.
O como gracias a un simple adverbio ("también"), trato discretamente de establecer una conexión con alguien tan alejado de mí, y de quien me separa una distancia apenas mensurable.
 

mercredi 16 juillet 2014

Mémoire, papier, dehors

La mémoire tue
un dessin d'après une nouvelle de Quadruppani, fait pour le Siné mensuel de juillet, que vous, oui, vous, qu'aimez peut-être encore le papier, vous pouvez aller chercher en kiosque, à pied, dehors, sous la pluie ou le soleil.
/// La memoria mata, un dibujo para ilustrar un cuento de Quadruppani en el Siné mensual del mes de julio, que usted, sí, usted, que tal vez gusta todavía del papel,  usted puede todavía ir a buscar al kiosco, a pié, afuera, bajo la lluvia o el sol.

samedi 12 juillet 2014

Cahiers un rien sportifs


(Dans les cahiers de rien) il y a une ville ou l'on peut courir en restant assis, où l'on se moque de ceux qui s'agitent sans raison ni direction, mais de ceux qui restent sûr d'eux aussi, empêtrés dans leur chaises.
/// (En los cuadernos de nada) hay una ciudad donde se puede correr quedándose sentado, donde burlarse de los que se mueven sin razón ni dirección, pero de los que se quedan seguros de sí mismos en sus sillas también.

lundi 7 juillet 2014

Le cahiers de rien, encore et toujours


Je ne sais pourquoi ces dessins m'ont fait penser à la "Description d'un combat" de Kafka, surtout le gros éléphant ci-dessous, qui me rappela le "naufrage de l'obèse".
-Je suis pour le moment un petit, un tout petit homme...Je roule..., je roule, avalanche dans la montagne! De grâce, passants, ayez la bonté de me dire quelle est ma taille, il vous suffit de mesurer ces bras, ces jambes..., de grâce!
///No sé porqué estos dibujitos me hicieron pensar en la "Descripción de una lucha" de Kafka, sobre todo el elefante de aqui abajo, que me recordó el "hundimiento del gordo".
-Soy pequeño, pequeño ahora...Ruedo..., ruedo, soy un alud en la montaña. Se los ruego, ustedes que pasan, sean amables y díganme cuan grande soy, les basta con medir estos brazos, estas piernas...se los ruego!


mercredi 25 juin 2014

Dans les cahiers de rien...


Half a man still a man (L'étranger a trouvé sa devise),

et une énième variation autour de cette chambre kafkaïenne, tout cela (et plus encore) dans les cahiers de rien, qui s'entassent par dizaines dans les moindres recoins de mon atelier.
/// Half a man still a man, el lema que ha adoptado el "extranjero", y una nueva varación alrededor de esta habitación kafkiana, todo eso y mucho más en los cuadernos de nada, que se juntan por decenas en los recovecos de mi taller.

samedi 14 juin 2014

Journée de l'Estampe 2014 à la place Saint-Sulpice


La Journée de l'Estampe Contemporaine 2014 aura lieu ce lundi 16 juin, place Saint-Sulpice à Paris (métro St-Sulpice), de 11h à 22h. Je serai au stand 202B (côté nord, rue Saint-Sulpice), avec mes gravures et mes livres. Venez boire un verre!


mardi 3 juin 2014

Hommage en silhouettes (carnets de rien)

Voilà deux choses inutiles ici: un rhinocéros mort, et un hommage à un artiste encore vivant. Mais c'est tout ce que j'ai trouvé aujourd'hui, en fouillant dans mes carnets de rien.
/// ¿Dos cosas inútiles aqui: un rinoceronte muerto y un homenaje a un artista todavia vivo. Pero es todo lo que encontré hoy, urgando en mis cuadernos de nada.

dimanche 25 mai 2014

Silhouèttes



Babel résiste encore
Le Monde des Livres, 3 avril 2014


Goldberg VS Goldberg
Le Monde, 18 janvier 2014


Les héritiers sont de retour
Le Monde, 29 août 2013

Comment remettre du carburant dans l'Europe?
Le Monde, 9 mai 2014

J'aime le théâtre d'ombres chinoises, les films de Lotte Reiniger et les débuts du cinéma en général. C'est dans ce sens là que je me permet de faire de temps à autre ces "collages virtuels" pour Le Monde (et pour moi aussi). Je suis loin d'être un professionnel des nouvelles technologies; j'aborde tout ça de façon assez naïve, comme une manière de retrouver quelque chose de primitif. Pour ces collages, je me sers des principes appris de la gravure dite "au vernis mou".
/// Me gusta el teatro de sombras chinas, los cortos de Lotte Reiniger y los comienzos del cine en general. Es en ese sentido que me permito hacer de vez en cuando estos "collages virtuales" para Le Monde (y para mi también). Estoy muy lejos de ser un profesional de estas nuevas tecnologías; yo abordo todo eso de manera bastante inocente, como una forma de reencontrarse con algo primitivo. En estos collages uso el principio que aprendí en el grabado con barníz blando.

mardi 20 mai 2014

Quelle tête êtes-vous?


"Une tête bien faite est une tête qui cherche les défauts et une tête exceptionnelle est une tête qui découvre ces défauts et une tête géniale est une tête qui, après les avoir trouvés, attire l'attention sur ces défauts découverts et, avec tous les moyens dont elle dispose, désigne ces défauts. […] La tête doit être une tête chercheuse, une tête chercheuse de défauts, de défauts humains, une tête chercheuse de l'échec."
Thomas Bernard, Maîtres anciens.

/// "Una cabeza bien hecha es una cabeza que busca los defectos humanos y una cabeza excepcional es una cabeza que descubre esos defectos y una cabeza genial es una cabeza que, luego de encontrarlos, llama la atención sobre esos defectos y, con todos los medios de los que dispone, designa esos defectos. […] La cabeza debe ser una cabeza buscadora, una cabeza buscadora de defectos, de defectos humanos, una cabeza buscadora del fracaso. "
Thomas Bernard, Maestros antiguos.

Por una cabeza... ¿Y, entonces, qué cabeza es usted ?


vendredi 16 mai 2014

Les mystères de la traduction


Un dessin publié aujourd'hui dans Le Monde des Livres. Si vous fouillez un peu dans le label Sketches de ce blog, vous allez trouver le carnet avec le croquis duquel je me suis inspiré pour ce dessin.
/// Los misterios de la traducción, un dibujo para el suplemento Libros del Monde de hoy. Si hurgan un poco en la etiqueta Sketches de este blog, van a encontrar el cuaderno con el boceto que me inspiró para este dibujo.

jeudi 8 mai 2014

Les petits carnets


1. Dans les petits carnets: Le personnage à la recherche d'épaisseur (épaisseur vantée par les autochtones, qui n'ont pas eu à la conquérir). Il n'a pas été amputé: parfois une partie de lui-même n'est tout simplement pas visible.


2.  Plus qu'un auteur, le personnage cherche une histoire. Mais le même sort le poursuit partout: on éteint quand il arrive, on part, on abandonne, on met un cadenas et on ferme, ou pire: on se remémore ces instants qu'il vient juste de manquer.

 3.  Vertical Thinking: On abandonne le personnage à notre tour pour rendre hommage à William Kentridge, à ses machines à dessin (contemporain) et ses théâtres mécaniques et sensibles. Kentridge est un moteur à idées, un déclencheur d'enthousiasmes variés. J'ai posté pas mal de choses de lui dans mon blog Troesmas.



 4.  Dans les petits carnets, Francis Bacon côtoie la "femme âgée" de Memling, qui semble d'ailleurs plus vieille encore, aigrie et myope. J'ai beau lui dire qu'elle garde pour moi toute sa mystérieuse beauté (un tantinet pieuse), elle est plus mélancolique que jamais. Un touriste américain passe cinq ou six secondes à la mitrailler avec un téléphone qui sait imiter le son des vieux appareils photographiques. Il ne s'était même pas encore arrêté qu'il tirait déjà. — Tu vois? me dit-elle. Oui, je comprends notre situation.
Les petits carnets: un joli trou où cacher sa tête. De petits cahiers de rien: à peine une autre manière d'être paresseux.

/// 1. En los cuadernitos: aquel personaje busca algo de espesor (espesor celebrado por los autóctonos, que no tuvieron que conquistarlo). No lo han amputado: a veces simplemente una parte suya no se vé. 
2.  Más que un autor, el personaje busca una historia. Pero la misma suerte lo persigue donde vaya: cuando llega apagan la luz, se van, abandonan, ponen un candado y cierran, o peor: rememoran esos instantes que acaba de perderse.
3.  Vertical Thinking: nosotros también abandonamos al personaje en cuestión para dedicarle un homenaje a William Kentridge, a sus máquinas de dibujo (contemporáneo) y a sus teatros mecánicos y sensibles. Kentridge es un motor de ideas, un disparador de entusiasmos varios. En mi blog Troesmas he colgado varias cosas suyas. 
4.  En los cuadernitos, Francis Bacon se codea con la "mujer madura" de Memling, que parece todavía más vieja, amargada y miope. Aunque le digo que conserva toda su misteriosa belleza (un tantito piadosa), ella está cada día más melancólica. Un turista norteamericano pasa cinco o seis segundos ametrallándola con un teléfono que sabe imitar el ruido de las viejas cámaras fotográficas. Todavía no se había detenido frente a ella que ya estaba disparando. — ¿Ves? me dice ella. Si, comprendo nuestra situación.
Los cuadernitos: un lindo agujero donde esconder la cabeza. Cuadernitos de nada: apenas otra manera de ser vago.